• Harmonie

     

     

    Regarde ! Regarde bien tout ce qui t’entoure.

    Avance et respire la vie à pleins poumons.

    Ne t’arrête pas. Vois le printemps qui accourt.

    Il ne t’attendra pas, fugitive saison.

     

    L’air est encor frais. Une odeur d’humus s’exhale,

    Apre et suave à la fois. L’hiver est fini.

    Ecoute ! Même l’eau du ruisseau qui dévale

    A joint des sons cristallins à sa litanie.

     

    Entends encore le murmure de la brise

    Dans la ramure transparente et chamarrée.

    Fascinant, le pinson de trémolos nous grise

    Et nous attire vers la tendre fougeraie.

     

    Comme la campagne est belle ! Il court un frisson

    Sur l’herbe tendre. Les primevères  fragiles

    Font des taches de lumière sous les buissons,

    Près des violettes enivrantes et graciles.

     

    Les chatons des aulnes se balancent, légers,

    Comme de fines pendeloques de cristal.

    Des nuages délicatement ouvragés

    De blanc, coiffent cette pureté sans égal.

     

    Il faut tout boire des yeux , ne rien laisser,

    Pour ensuite, à la nuit venue, se souvenir,

    Fermer les paupières, raviver ce passé,

    Présent de la nature qui nous veut ravir.

    Béjar/Yvette


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  • Pierre percée 

     Bord de loire


    Vertou


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  • UTOPIE

     

    Amalgame des sens, enchantement.

    Je peins avec des notes de musique

    Une poésie au parfum de vent

    Et de mer sur une toile magique.

     

    Je me prends pour Fragonard ou Hugo

    Et de mes doigts jailliront des couleurs,

    Des rimes musicales, des bruits d’eau

    Des parfums envoûtants de mille fleurs ;

     

    Un tableau merveilleux et idyllique

    Où ma gomme effacera le malsain

    Les relents et cliquetis métalliques,

          Faisant de la terre un décor divin.

    Béjar/Yvette

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  • Le héron de l’île

     

    L’avez-vous vu ce matin ?

    Il y était encore.

    Posté sur une patte,

    Il guettait dans les roseaux.

    Sauvez-vous grenouilles insouciantes !

    Le pauvre petit gardon, lui,

    N’échappera pas au long bec pointu.

     

    L’avez-vous vu s’envoler ?

    Au moindre bruit il exécute

    Deux ou trois drôles de petits bonds

    Et s’élance au-dessus de l’eau,

    Son long cou tendu

    Et enfin replié.

    Mais qu’il est donc lourd !

     

    L’avez-vous vu dans les airs ?

    On dirait qu’il rame.

    Ses ailes sont largement déployées.

    On entend comme un souffle

    Quand il passe au-dessus.

    Comme il est orgueilleux !

    Mais comme il est beau !

     

    L’avez-vous vu aussi se poser ?

    Alors là ! Il faut l’admirer.

    Il replie un peu ses ailes

    Et se laisse glisser vers son gagnage

    En se déhanchant d’un côté sur l’autre

    Tout en souplesse

    Mais avec une amusante acrobatie.

     

    Mais vous,

    L’avez-vous vraiment vu sur son île ?

    Béjar/Yvette


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  • Odyssée d’une goutte d’eau

     

    Elle a jailli de sa source, enfin libérée

    De cette gangue de roche brune et glacée,

    Petite goutte d’eau pure, un peu perturbée,

    Glissant, fragile, sur les pierres vernissées.

    Un courant malin l’entraîna dans son sillage,

    Dévalant des pentes abruptes et ourlées

    D’arbrisseaux échevelés et de fins herbages

    Givrés, l’embellissant de merveilleux reflets.

    Elle fila, heureuse, entre des saules nacrés

    Se courbant sur son propre miroir diaphane,

    Puis s’étala, ivre, sur des sablons ocrés,

    Bercée par la brise et sa mélodie profane.

    Les tout premiers rayons de l’aube la surprirent

    Et charmée, l’attirèrent, telle Loreleï

    Par des visions de lointains atolls de corail.

    De ruisseau en rivière, de rivière en fleuve,

    Elle traversa des campagnes et des saisons,

    S’accrochant parfois à des esquifs qui se meuvent,

    Légers, l’entraînant vers de nouveaux horizons.

    Enfin, l’irrésistible océan l’enjôla,

    L’enroulant dans des vagues prises de folie,

    La rejetant, en rugissant, avec fracas

    Contre des carcasses ou des récifs maudits.

    Ballottée  par ce mouvement perpétuel,

    Perdue, elle allait sombrer vers des fonds hostiles

    Quand enfin, un ange la posa sur son aile

    Et délivra la petite goutte fragile

    Qui nous retrouva sur terre en larme de pluie,

    Petite goutte d’eau, miracle de la vie.


    Béjar/Yvette 

                                   


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