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    Les roses rouges de Gouraya





    Dans mon souvenir mes roses étaient d'un rouge
     un peu plus sombre
    mais aussi veloutées.
    Je n'ai jamais retrouvé une telle couleur.
    Celle-ci provient du jardin de mes voisin Jacqueline et Alain.
    N'est-elle pas sublime ?

    Les roses de Gouraya. 

    Et soudain, ce matin, petit bouton de rose,
    Dans le creux de ma main tremblante, on te dépose,
    Corolle encore fermée, paupières mi-closes.
    Subjuguées, toi et moi, nous sommes en osmose ;
    Disons-le Dame Nature a bien fait les choses.
    Cœur débordant de joie, je me sens virtuose.
    Extase du regard, tu te métamorphoses,
    De la pudique églantine au laurier rose,
    De trémière à l’éblouissant diamant en rose,
    Des vents, de sable ou de Jéricho, tu es rose.
    Tu dors dans ma main et, légère, tu reposes,
    Innocente des doux baisers que je dépose
    Sur ta joue pâle, comme un  pétale de rose.

     

                                                              Béjar / Yvette

     


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    Les pas enchantés
     

    Un parfum de grève mouillée s’est incrusté

    Dans l’atmosphère de cette fin de journée.

    Les rayons obliques du soleil ont teinté

    Les nuages ouatés de couleur safranée.

     

    Quelques mouettes survolent encore les boires

    Et s’interpellent, rieuses, en tourbillonnant,

    Fuyant le chahut au-dessus d’un boulevard

    Issu d’un chemin aux souvenirs fascinants

     

    Petit sillon creusé par les roues des charrettes,

    Amoureux de la très belle et féconde Loire,

    Aux fortes crues envahissantes et frisquettes,

    L’abandonnant submergé à son désespoir,

     

    Il cahotait, heureux, entre les roselières,

    Longeant des closeries aux toits d’ardoises bleues,

    Aux rampes abruptes et couvertes de lierre

    Et des îles aux pâturages généreux.

     

    Vision fugitive, encor qu’inoubliable,

    Où l’on percevait le bruit des sabots de bois

    Aux empeignes de cuir, sur l’inexorable

    Caillasse recouvrant ce vieux sentier étroit.

     

    Mais l’homme insatiable, voulant tout imposer,

    A eu enfin raison de sa tranquillité

    Et lentement il se vit métamorphosé.

    Pour lui ce fut le temps de la prospérité.

     

    Naguère, il prenait son temps, aujourd’hui il court

    Il est puissant, fier, adulé, resplendissant.

    Il se pare volontiers de nobles atours :

    Graminées volages, iris opalescents,

     

    Saules aux chatons d’argent, frênes frémissants,

    Osiers aux tiges cuivrées, ormes aériens,

    Salicaires aux tons pourpres éblouissants

    Le laissant ravi au crépuscule qui vient. 

     

    Béjar / Yvette


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  • Les roses de Gouraya

     

    Et soudain, ce matin, petit bouton de rose,

    Dans le creux de ma main tremblante, on te dépose,

    Corolle encore fermée, paupières mi-closes.

    Subjuguées, toi et moi, nous sommes en osmose ;

    Disons-le Dame Nature a bien fait les choses.

    Cœur débordant de joie, je me sens virtuose.

    Extase du regard, tu te métamorphoses,

    De la pudique églantine au laurier rose,

    De trémière à l’éblouissant diamant en rose,

    Des vents, de sable ou de Jéricho, tu es rose.

    Tu dors dans ma main et légère, tu reposes,

    Innocente des doux baisers que je dépose

    Sur ta joue pâle, comme un  pétale de rose.

     

    Béjar  / Yvette


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  • Prière  d’un têtard ligérien 

     

     

    Sur la grève, elles saignent les grumes étalées,

    Rossées et torturées, carcasses abattues.

    Une sève rougeâtre colore leurs plaies.

    Elles ne luttent plus, ne se débattent plus.

     

    On les appelle trogne ou plus souvent têtard ;

    C’est vrai qu’ils sont très laids, tortueux ou bossus,

    Alors qu’ils sont frênes, saules, peupliers noirs,

    Que l’on émonde sans cesse, les laissant nus.

     

    L’hiver, ils n’ont plus de bras pour stopper le vent,

    Pourtant, sans rancune, ils gardent dans leurs entrailles,

    Des petits êtres, boules de poils doux, vivant

    Serrés à l’abri, mais réchauffant leur poitrail.

     

    Ils vous implorent, ô toi Lune et toi Soleil !

    Ne les laissez pas continuer ce carnage !

    Leurs spectres ventrus, crevés, tendus vers le ciel

    Prient pour faire cesser ce terrible abattage.

     

    Ils sont crucifiés par les prédateurs humains !

    Dieux grecs  ou  bien romains, ou  Saints du paradis,

    Joseph ! Sauvez ces pauvres têtards ligériens !

    Laissez les se mirer encor dans l’eau qui luit.


    Béjar/Yvette


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  • SOIF

     

     

    Soif d’eau fraîche et de rosée,

    Soif de plages et de forêts,

    Soif de peindre et d’écrire,

    Soif de regarder et de sentir,


    Soif de justice et de liberté,

    Soif de paix et d’égalité,

    Soif de donner et de partager,

    Soif d’honnêteté et de générosité,


    Soif d’humilité et de modestie,

    Soif de poésie et de magie,

    Soif d’amour et de tendresse,

    Soif de plaisir et d’allégresse,


    Soif de soleil et de lumière,

    Soif de couleurs, bleu, rouge, jaune, vert

    Soif de cris et de rire d’enfants,

    Soif de renouveau et de printemps,

    Soif de musique et d’harmonie

    Soif de tout ce qui fait la vie,

    Soif de VIVRE … encore un peu !

    Béjar/Yvette


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  • La Loire à Saint Sébastien

     

     

    Entre ses rives bordées de bouleaux

    De saules et d’aubépine défleurie,

    Elle court, comme prise en un étau,

    Sa fureur vaincue et tout alanguie.

     

    Emprisonnant, mutine, les trois îles,

    Elle glisse, éblouie de lumière,

    Entre les grands roseaux servant d’asile

    Aux hérons cendrés à l’allure altière.

     

    Parfois une poule d’eau sautillante

    Teinte les vaguelettes enflammées

    Par le couchant, de perles scintillantes

    Et distrait cette langueur profanée.

     

    Le vieux pont aux arches séculaires

    Se mire, majestueux, dans cette eau.

    Un souffle s’exhale de ses pierres,

    Des chuchotements courent sur les flots.

     

    Que sont devenues les vieilles gabares,

    Aux voiles lourdes et au passé chargé,

    Le ventre plein de produits du terroir,

    Sentant l’épice et le sel du marais ?

     

    Où s’en sont allés les anciens battoirs

    Et les chants des riantes lavandières,

    Leur linge blanc flottant le long des boires

    Qui longeaient cette Loire millénaire ? 


    Béjar/Yvette 


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  • Le Pont et la Rivière

     

     

    C’est un petit pont anonyme, tout en pierre

    Encore solide et patiné par le temps,

    Enlaçant dans ses bras une jolie rivière

    Fraîche et  agile, contre son cœur palpitant

     

    C’est un tout petit pont ! Pensez ! Une seule arche.

    A-t-il seulement vu une yole, un esquif ?

    Quelque pêcheur aventureux épris de large

    Peut-être, capitaine d’un futreau chétif ?

     

    Oui, mais, en a-t-il vu caracoler sur lui

    Des chevaux et charrettes chargées de volailles

    Pour le marché de Challans, à renfort de bruit,

    De Touvois, Falleron, Froidfond jusqu’au foirail !

     

    Et cette eau limpide qui glisse sous sa voûte !

    Amoureux de cette étoile qui le caresse,

    Il ne peut la retenir car elle l’envoûte

    Le séduit et l’ensorcelle jusqu’à l’ivresse.

     

    Elle rêve d’un delta bleu vers l’océan,

    De se rouler dans les fonds sableux d’un lit creux.

    Pour l’heure, deux étiers lui ont prêté leurs flans

    Et l’ont guidée vers un golfe marécageux !

     

    Une légende dit que, si l’on passe à pied,

    Pour la première fois sur un pont quel qu’il soit,

    Et si l’on fait un vœu, il sera exaucé.

    Alors, allez entre Falleron et Touvois :

    Sur la route, vous passez au-dessus d’un pont.

    Faites un vœu et ensuite racontez-moi! 

    Yvette


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  • Harmonie

     

     

    Regarde ! Regarde bien tout ce qui t’entoure.

    Avance et respire la vie à pleins poumons.

    Ne t’arrête pas. Vois le printemps qui accourt.

    Il ne t’attendra pas, fugitive saison.

     

    L’air est encor frais. Une odeur d’humus s’exhale,

    Apre et suave à la fois. L’hiver est fini.

    Ecoute ! Même l’eau du ruisseau qui dévale

    A joint des sons cristallins à sa litanie.

     

    Entends encore le murmure de la brise

    Dans la ramure transparente et chamarrée.

    Fascinant, le pinson de trémolos nous grise

    Et nous attire vers la tendre fougeraie.

     

    Comme la campagne est belle ! Il court un frisson

    Sur l’herbe tendre. Les primevères  fragiles

    Font des taches de lumière sous les buissons,

    Près des violettes enivrantes et graciles.

     

    Les chatons des aulnes se balancent, légers,

    Comme de fines pendeloques de cristal.

    Des nuages délicatement ouvragés

    De blanc, coiffent cette pureté sans égal.

     

    Il faut tout boire des yeux , ne rien laisser,

    Pour ensuite, à la nuit venue, se souvenir,

    Fermer les paupières, raviver ce passé,

    Présent de la nature qui nous veut ravir.

    Béjar/Yvette


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