•  DSC01731 bis

     

    Prière  pour les tétards ligériens

     

    Sur la grève, elles saignent les grumes étalées,

    Rossées et torturées, carcasses abattues.

    Une sève rougeâtre colore leurs plaies.

    Elles ne luttent plus, ne se débattent plus.

     

    On les appelle trogne ou plus souvent têtard ;

    C’est vrai qu’ils sont très laids, tortueux ou bossus,

    Alors qu’ils sont frênes, saules, peupliers noirs,

    Que l’on émonde sans cesse, les laissant nus.

     

    L’hiver, ils n’ont plus de bras pour stopper le vent,

    Pourtant, sans rancune, ils gardent dans leurs entrailles,

    Des petits êtres, boules de poils doux, vivant

    Serrés à l’abri, mais réchauffant leur poitrail.

     

    Ils vous implorent, ô toi Lune et toi Soleil !

    Ne les laissez pas continuer ce carnage !

    Leurs spectres ventrus, crevés, tendus vers le ciel

    Prient pour faire cesser ce terrible abattage.

     

    Ils sont crucifiés par les prédateurs humains !

    Dieux grecs  ou  bien romains, ou  Saints du paradis,

    Joseph ! Sauvez ces pauvres têtards ligériens !

    Laissez les se mirer encor dans l’eau qui luit.

                                             Yvette


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  •  
    AURORE

     

     

     

    La nuit se retire en son domaine des cieux.

    Artémis chasse les étoiles une à une,

    Puis en s’éclipsant laissera aux autres Dieux

    Le soin d’estomper les derniers voiles de brume.

     

    Lors, Hélios en habit de feu, surgit sans bruit Embrasant le ciel de traînées incandescentes

    Et mauves, balayant toute trace de nuit

    Mais ciselant des ombres fines envoûtantes.

     

    La terre exhale un parfum d’humus et soupire.

    Les faisceaux en diagonale font scintiller

    Diamant, rubis, topaze, émeraude et saphirs

    Dans les fines gouttes de rosée, par milliers .

     

    Les longs fils argentés des épeires ondoient

    Sur le pré comme une chevelure de fée,

    Formant une fine pruine bordée d’orfroi,

    Nectar éphémère pour rayons assoiffés.

     

    L’atmosphère est ouatée et le troupeau serein

    Attend dans les graminées et le chènevis.

    L’angélus au clocher du village voisin

    Annonce un nouveau jour qui vient.

    Bonjour la Vie.

    Yvette

     


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  • mediterranee1

    Mare medi terra

     

    Dites, vous souvient-il, cher frère, chère sœur,

    De ce tapis d’azur aux vagues fascinantes

    Qui déployaient sans fin, avec d’incessants heurts,

    Les innocents galets et les algues flottantes ?

     

    Dites, vous en souvient-il de cette onde bleue,

    A fleur de sel, et son éternel clapotis,

    Bruissant et chuintant  sur les lourds fonds sableux,

    Saturés de mille légendes englouties ?

     

    Vous en souvient-il encor de l’odeur iodée,

    Du goémon fin déraciné des rochers,

    Et échelonné en longs rubans torsadés,

    Sur les plages brûlantes de galets jonchées ?

     

    Tantôt calme sous  Zéphyr, tantôt agitée

    Sous Notos, il exhalait de ses profondeurs ,

    Et  de son grand manteau écumant  et bleuté

    De longs soupirs ensorcelants et enjôleurs.

     

    Son pudique reflux, éternelle Thétys,

    Psalmodiait inlassablement des litanies,

    Couvertes d’écume à reflets myosotis,

    Au creux des criques, telle une lente agonie.

     

     Près d’elle, nous étions les enfants du soleil,

    Loin d’elle, nous sommes les dauphins de l’exil,

    Bannis, un murex nacré collé à l’oreille,

    En compensation d’un sonotone aquatil.

     

    Vous souvient-il enfin de ses vagues jetées

    En gerbes blanches sur le vieux môle glissant,

    Sur ses îlots perdus dans son immensité ?

    Mais peut-être avons-nous rêvé en vieillissant ?


    Yvette 


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  • Evasion nocturne

     

    Sur la route sinueuse que le soleil,

    Au zénith, inonde  d’une lumière bleue

    Déambule  mon rêve en mon profond sommeil,

    Au portillon de mes souvenirs nébuleux.

     

    Mes yeux s’abreuvant de ces couleurs hors du temps,

    Je hume cette terre aux odeurs généreuses.

    La glèbe  craquelée de chaleur m’invitant,

    A me séparer de cette paroi rêveuse.

     

    Mes yeux clignent aux tableaux de mes souvenances,

    La crainte et  la désillusion auront raison

    Finalement  au théâtre de ma démence,

    De ce charme grisant en sa morne prison.

     

    Quand l’aube renaîtra, mon rêve chiffonné

    Sorti  de la tourmente, mon cœur  libéré

    Absoudra cette terre berbère  des années

    Insouciantes de  mon enfance   évaporée.

     

    Pourquoi faut-il qu’après de si longues années,

    Soupire  mon cœur au pays des Amazighes ?

    Ma source.




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  •   00818-haute-indre.jpg

    Au jardin de ma Loire,


    Au jardin de ma Loire,
    J’ai vu les blonds roseaux

    Courbés sur le miroir

    Argenté de son eau !

     

    Aux jardins ligériens

    J’ai fait le troubadour

    J’ai écrit des quatrains

    J’ai chanté ses amours.

     

    Les amours de la duchesse Anne,

    Pour son beau pays bas-breton,

    Nantes et ses gabarres qui flânent,

    Saluant bien bas  les vieux  ponts.

     

    De sa source au grand océan,

    Entre ses rives et coteaux,

    Elle file oubliant le temps

    L’homme et ses terribles assauts.



    J'ai écrit ces quelques vers pour ceux qui comme moi
    aiment ce Fleuve Royal mais aussi pour les autres,
    les amoureux de la nature.


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  • La vieille rue

     

     

    Petite rue du temps passé,

    Aux vieilles demeures discrètes et tassées,

    Au charme désuet, témoin d’un autre temps,

    Pleine de beaux souvenirs au charme d’antan,

     

    Petite rue fraîche et fleurie,

    Aux murs de pierre incitant à la rêverie,

    Recouverts de vigne vierge dorée, de lierre

    Et de glycine moirée de bleu et de vert,

     

    Petite rue énigmatique,

    Aux maisons récentes à volets de plastique,

    Hésitant entre le passé et le présent,

    Tableau paradoxal mais combien séduisant,

     

    Petite rue mystique et pure,

    Tu caches pieusement derrière tes vieux murs,

    Une petite chapelle pailletée d’or,

    Par un soleil en émoi devant ce décor.



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  • L’été s’en vient …

     

    Vous voici revenus 

              Ô, jours tant attendus !

    Soleil radieux de juin !

              Eclat arachnéen!

    Lumineuse saison,

              Ardente floraison.

    Les épis  de blé blond

              En juillet muriront

    Exhalant en douceur

              Leur enjoleuse odeur.

    Et août transformera

              Avec maestria

    Ce transparent azur,

             En douce enluminure.

    Puis l’été s’en ira,

              Nous laissant cette aura

    Augurant un automne

              Qui patiemment  fredonne.

     

                                           …  l’été s’en va.     

     


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  •  

     

    Ambroisie.

    Je suis cette eau qui coule et qui n’en finit pas,

    Tour à tour légère, turbulente ou volage,

    Dévalant des gaves que rien ne tarira,

    Et des cascades fumeuses aux blancs voilages.

     

    Je suis cette eau qui fut honorée par les dieux,

    Célébrée par Amphitrite sur son dauphin,

    Voguant sur le grand fleuve qui rejoint les cieux,

    Bercée par Zéphir et Notos jusqu’au matin,

     

    En furie sous l’emprise de Poséidon

    Et Eole contre le fils du roi d’Ithaque,

    Etale au doux son de la lyre  d’Apollon

    Et portant secours au valeureux Télémaque.

     

    Quand tu sautilles, les pieds nus dans mes ruisseaux,

    Tu es Galatée ou Nausicaa la Blonde.

    Je suis l’eau rouge qui ruisselle en tes vaisseaux

    Et les larmes non retenues sur tes joues rondes.

     

    Et vois-tu , si tu sais m’aimer comme je t’aime,

    Je me métamorphoserai en Ambroisie,

    Nectar divin, et poserai un diadème

    Sur ton front digne des Déesses d’Olympie. 

     

                                 Yvette

    Je suis obnubilée par le gaspillage de l'eau!
    Ca doit transparaître dans mes écrits!
    J'ai écrit ce poème il y a plusieurs années
    et je l'avais oublié!


    • Dans la mythologie grecque, l'ambroisie est une substance divine, principalement la nourriture des dieux (cet aliment leur procurait l'immortalité);
    • L'ambroisie est également un genre de plantes de la famille des Astéracées.

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