• Arbres dans leur milieu. 1

     

      DSC03589 bois

     

    Aux arbres

    Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
    Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
    Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
    Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
    Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
    Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
    Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
    La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
    Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
    Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
    Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
    Et du même regard poursuivre en même temps,
    Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
    L'étude d'un atome et l'étude du monde.
    Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
    Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
    Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
    Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
    Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
    Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
    Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
    Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
    La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
    Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
    J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
    Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!
    Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
    Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
    Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
    Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
    Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
    Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
    Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
    Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
    Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
    Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
    Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
    C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
    Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
    Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

     

    Victor Hugo


  • Commentaires

    1
    Mercredi 15 Août 2012 à 09:11

    j'ai découvert Victor Hugo à l'age adulte....c'est à dire que lorsque je l'étudiais à l'école je ne comprenais pas la beauté de son écriture....!!!!

    merci de ce doux moment ! Bonne journée

    2
    Mercredi 15 Août 2012 à 10:31

    Juste se laisser bercer par les mots

    Bisous.

    3
    Mercredi 15 Août 2012 à 13:18

    prodigieux ce texte de victor hugo que tu nous as retranscrit. Et cette photo est tout a fait superbe et impose la sérénité.... J'ai l'impression qu'au travers des mots de cet auteur, il y a un peu de toi que tu révèles, une part de sentiments que tu ressens mais que ta pudeur t'empêche d'écrire et de laisser le faire un autre à ta place.

    En tout cas, un grand merci pour ce moment superbe passé à te lire

    gros bisous

    régine 

    4
    Mercredi 15 Août 2012 à 20:54

    Il m'arrive d'écrire, j'ai fait plusieurs poèmes, écrit un livre sur mon enfance en Algérie mais je reconnais que parfois j'aime mettre des poèmes d'auteurs célèbres et forcément plus doués que moi. Marci à toi Rosinda

    5
    Mercredi 15 Août 2012 à 20:55

    La magie des mots, moi j'adore les mots, les beaux et bons mots. Et il y en a qui sont doués pour ça! Plus que moi!

    6
    Jeudi 16 Août 2012 à 12:21

    Ce magnifique poème de Victor Hugo est parfaitement illustré par cette photo qui invite à rêver. Merci, chère Yvette

    7
    Jeudi 16 Août 2012 à 19:26

    Magnifique page...cher Victor Hugo, l'incotournable ...

    Bonne soirée, bises.

    Marielle.

    8
    Samedi 18 Août 2012 à 13:54

    Merci Marielle, comment vas-tu? j'espère ue tu n'es pas trop gênée par la chaleur!

    9
    Samedi 18 Août 2012 à 13:56

    Toutes les photos de nature et de chats et chiens, sont prises par moi. Mes passions!!!

    10
    Samedi 18 Août 2012 à 14:00

    On découvre beaucoup de choses à l'âge adulte. Des choses qui nous ont laissées indifférentes, plus jeunes et qui nous ébahissent avec l'âge! Mon petit-fils m'a passé un livre qu'il avait étudié en terminale, il n'avait pas aimé. Je l'ai lu 2 fois tant moi j'ai aimé. Et j'ai compris pourquoi. Cela avait été écrit par une personne âgée qui parlait de son enfance. Lui il n'en était pas rendu là!

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